Arcangues et l’Arkéa Omnium,
- laurencejob
- 17 sept. 2025
- 7 min de lecture
Mise en valeur de l’environnement et du patrimoine basque
Par Didier Picot

Dans les années 1980, les frères Guy et Jean d’Arcangues décidaient de lancer la construction du golf d’Arcangues sur les terrains appartenant à leur famille depuis le XII°s.
L’objectif premier de ce golf était de préserver l’intégrité des vastes espaces naturels et agricoles de la pression immobilière et de la convoitise de la puissance publique.
L’observateur attentif ne peut qu’applaudir à cette démarche de protection de l’environnement avant la lettre : la famille d’Arcangues aurait pu céder à grand prix au fil des décennies ses magnifiques terrains vallonnés entourant le village et satisfaire à la mode des barres d’immeubles ou des lotissements pavillonnaires. Heureusement pour notre environnement naturel, sa biodiversité, et la protection de notre patrimoine basque, ils n’en firent rien. Le choix retenu en accord avec la Commune d’Arcangues a été de figer un espace de 67 ha autour du village et du Château dévolu au Golf et de réserver 3 ha pour que le bourg d’Arcangues puisse s’agrandir et offrir les services attendus aux habitants (commerces, logements sociaux, maison de retraite, crèche etc).
Préservation de l’environnement et modèle économique
Les frères d’Arcangues avaient compris avant les autres, que même s’il est en partie façonné par l’homme, un golf était d’abord ancré dans un espace naturel. National Geographic démontre depuis des décennies que, pour qu’un projet de parc national ou autre fonctionne, les locaux doivent en retirer un gain économique supérieur à celui qu’ils percevraient de son exploitation. On sait maintenant que les projets de protection de l’environnement réussis sont ceux, non pas qui ferment les espaces et en excluent la population locale, mais au contraire qui l’y associent et proposent un modèle économique lui permettant d’en profiter tout en les préservant.

Ainsi, même si on n’a pas l’habitude de le voir sous cet angle, un golf est, par le biais de la pratique sportive, un modèle économique de préservation de la biodiversité. Il permet de protéger dans la durée un espace d’une superficie de 30 à 100 hectares d’un seul tenant, aux frais des pratiquants. Le golfeur est probablement le sportif qui, pour pratiquer, paie le plus cher pour entretenir et protéger notre patrimoine naturel. C’est d’ailleurs ce qui contribue à rendre sa pratique un peu coûteuse.

Une démarche environnementale volontariste
Le golf d’Arcangues a inclus la problématique de la protection de l’environnement dès sa conception, en poursuivant trois objectifs :
➔ être autonome en matière d’eau,
➔ préserver de vastes espaces d’un seul tenant ou communiquant entre eux,
➔ préserver le patrimoine historique et la beauté naturelle du site.
Plusieurs retenues d’eau collinaires furent créées
afin de recueillir les eaux pluviales des pentes environnantes mais également celles provenant des toits des bâtiments et des surfaces imperméabilisées. Le dessin du parcours fait la part belle aux vastes perspectives et se fraie un chemin au milieu de bosquets, de vastes prairies non entretenues et de chênes centenaires. Il met en valeur les abords du Château d’Arcangues et préserve la vue époustouflante sur le piémont et les Pyrénées basques que le visiteur découvre depuis le cimetière du village. Enfin, les structures d’accueil du Golf ont été installées à Jaureguiborda, une magnifique ancienne ferme du XVI°s dominant le parcours.
Arcangues innove de génération en génération
DIAGNOSTIC ÉCOLOGIQUE AU GOLF D’ARCANGUES
Le diagnostic écologique effectué en 2023 et 2024 au golf d’Arcangues par la structure naturaliste EcoGIS dans le cadre de cette labellisation repose sur un protocole d’inventaire construit grâce à l’appui technique et scientifique du MNHN. Sur les 67 ha du site, 67% sont recouverts de prairies mésiques (c’est à dire dotées d’un apport modéré ou bien équilibré d’humidité), près de 26% de forêts, de bois et de hai es tandis que 2,5% sont des eaux dormantes de surface. Les surfaces dédiées au jeu et recouvertes de gazons de stades sportifs (fairways, départs, greens) ou recevant des bunkers sont de 28% environ. La biodiversité qui y trouve refuge est foisonnante : 169 espèces faunistiques et floristiques ont été identifiées sur le site dont 112 plantes, 39 espèces d’oiseaux, 5 espèces de libellules et autant de papillons. « Parmi ces espèces, 8 oiseaux ont un statut patrimonial et l’on compte 34 espèces protégées » explique EcoGIS. Le rapport a formulé un certain nombre d’observations et de préconisations et le Golf d’Arcangues a mis en place des actions concrètes : lutte pour éradiquer les espèces exotiques envahissantes (herbes de la pampa, ragondins, tortues de Floride), plantation d’espèces locales, etc... Il s’est aussi engagé sur un plan d’action dans la durée destiné à protéger et renforcer les qualités naturelles
du site.
C’est à la génération suivante qu’est revenue la lourde tâche de faire grandir et vivre le golf d’Arcangues et les premières années n’ont pas été faciles. Arnaud a pris en charge la direction de l’ensemble tandis que son frère Avelino assumait la gestion et l’entretien du parcours depuis le premier jour.
Aujourd’hui, c’est leur plus jeune frère, Benjamin d’Arcangues, qui a pris la relève et poursuit la double démarche de faire rayonner le golf et de préserver son patrimoine naturel et historique.
Sous son impulsion, Arcangues a reçu en Mars 2025 le Label Golf pour la Biodiversité que lui a décerné la Fédération Française de Golf (FFG) à l’issue d’un processus d’évaluation long et rigoureux.

Golf pour la biodiversité
Golf et environnement : un programme porté par la FFG*
La FFG a signé un premier partenariat en 2016 avec le Muséum national d’Histoire naturelle qui ouvrait la voie au lancement en 2018 du programme « Golf pour la Biodiversité ».
« L’ambition que porte la ffgolf pour le Label Golf pour la Biodiversité est l’excellence en matière de connaissance, de préservation et de valorisation du patrimoine naturel des golfs. Le Label engage les clubs à mettre en place de façon concrète des mesures de gestion et d’aménagement favorables à la biodiversité du golf, mais aussi sensibiliser les joueurs. » explique l’équipe Golf et Environnement de la FFGolf dirigée par Gérard Rougier.
Voici près de 20 ans en effet, la FFG a initié un plan d’action national de gestion environnementale des parcours de golf, articulée autour de trois axes : la préservation de la biodiversité, dont nous venons de parler, la gestion raisonnée de l’eau, et l’entretien durable des parcours.
Gestion de l’eau
Une première Charte sur l’eau a été signée en 2006 entre la FFG et les Ministères de l’Environnement et des Sports. Elle a été complétée en 2023 par le Manifeste sobriété eau de la filière golf, qui fixe ses engagements au regard des 53 mesures présentées par le Président de la République en Mars 2023.
Entre 2006 et 2020, le volume d’eau prélevé par les golfs a diminué de 14%. L’objectif n°1 du Manifeste est une réduction supplémentaire de 15% des volumes d’eau prélevés par les golfs d’ici à 2030. Nous l’avons vu, depuis sa conception, le Golf d’Arcangues est autonome en eau à 90%, grâce à la récupération des eaux de pluie. Le système de gestion de l’eau du golf permet en outre d’alimenter en eau les cultures maraichères d’exploitants agricoles voisins.
L’entretien durable des gazons
Les vastes étendues de gazons des golfs participent activement à la transformation du CO2 en oxygène, préservent la qualité de l’eau, rafraichissent l’atmosphère et peuvent agir comme barrières coupe-feu. Entre 2008 et 2017, l’utilisation de produits sanitaires de synthèse dans les golfs a été réduite de plus de 50%, elle représente seulement deux pour dix mille des phytos utilisés en France. Aucun de ceux utilisés sur les golfs ne sont cancérigènes ou dangereux pour l’homme. Néanmoins, l’objectif 2025 est de réussir à se passer de l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse pour l’ensemble des gazons sportifs, conformément à la Loi Labbé. Des dérogations temporaires marginales sont accordées en attendant que les différents programmes de recherche sur de nouveaux gazons, sur la détection et l’éradication des organismes nuisibles aux gazons et autres, permettent de s’en passer totalement. Le golf d’Arcangues se conforme évidemment aux exigences légales.
*Les informations factuelles et chiffrées de cet article proviennent essentiellement du site www.ffg.org. et du document « Panorama du golf en France et gestion environnementale des parcours » publié par la FFG.

L’Arkéa Omnium
au golf d’Arcangues
L’Arkéa Omnium souscrit à la « Charte des 15 engagements écoresponsables » applicable aux compétitions de golf. Cette volonté de limiter l’impact environnemental de la manifestation, de poser des actes économiques éco-responsables et de communiquer autour de notre démarche reflète les engagements forts de ses sponsors en faveur de la protection de l’environnement et de l’action contre le réchauffement climatique.
« Le groupe Crédit Mutuel Arkéa a adopté le statut d’entreprise à mission. Cela signifie que nous nous sommes engagés à garantir l’impact positif de nos activités et à accélérer concrètement les transitions environnementales et sociétales de nos clients » explique Nathalie Motsch, Directrice de la Communication et des Relations Institutionnelles.
À ce titre, au regard de la qualité des engagements environnementaux du golf d’Arcangues, y jouer l’Arkéa Omnium prend tout son sens.
QUELQUES INFOS
La Fédération française de golf est la 7ème fédération sportive en France en nombre de licenciés, la première au Pays Basque. 70 % de la surface des golfs sont entretenus sans produits phytosanitaires. Conformément à la Loi Labbé 2, les golfs n’en utiliseront plus d’ici à 2025 (sauf dérogations temporaires marginales). 50 % des 33 000 hectares de golf sont des écosystèmes naturels et constituent des zones refuges pour la faune et la flore. 2 293 espèces, dont 85 patrimoniales, y ont été recensées dans le cadre du partenariat de la FFG avec le Muséum national d’Histoire naturelle. En 20 ans, malgré les effets du réchauffement climatique, les golfs en France ont réduit leur prélèvement en eau de 14 %. Ils ont pour objectif de le réduire de 15% supplémentaires d’ici à 2030. 90 % des golfs utilisent de l’eau impropre à la consommation humaine. En période de sécheresse, 98 % de la surface des golfs ne sont pas arrosés.




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